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 Le contexte - La totale

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Maitre du Jeu
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MessageSujet: Le contexte - La totale   Mar 22 Déc - 23:57

On sait à présent le long chemin qu'ont parcouru les Humains pour venir à la vie, depuis les entrailles du temps où nulle mémoire n'a gardé leurs traces, pas même la mémoire des pierres. Les Hommes ont émergé hier dans l'histoire du Monde. Mais les Dieux, depuis quand sont-ils là ? Qu'ont-ils vu ? Quand sont-ils intervenus ? Sont-ils même intervenus, ou se sont-ils contentés de regarder passer les ères, du haut de leur immortel ennui ?... Personne ne sait, personne ne saura.

Les Dieux s'ennuient... Leur temps est bien trop long, trop lent...
Et ces Hommes sont si peu nombreux encore, tellement vulnérables, à gratter la terre pour en tirer de maigres récoltes, à garder leur premier bétail à l'abri des prédateurs. Quel pauvre spectacle... Que pensez-vous, ma chère, de nous amuser un peu ?

C'est alors qu'en quelques gestes négligents, ils créèrent les Faírnyns.



Un jeu pour eux que de faire sortir Ewigheim du néant, ce monde hors du monde, à la fois jungle, jardin étrange et ville blanche telle qu'aucun mortel n'en verrait jamais, même dans des millénaires... Un berceau vaste mais bien clos pour y nicher leurs nouveaux-nés.

Et quels enfants parfaits que ceux-là... La forme des humains, mais épurée, magnifiée, ils étaient droits et forts, souples et déliés, le teint éclatant et la peau immaculée, les yeux brillants comme les gemmes que ceux qui rampaient hors de leurs cavernes n'avaient pas encore appris à tailler, les chevelures lustrées comme la soie dont ils ignoraient tout encore de la douceur et de la somptuosité. Chacun plus beau que son frère, chacune plus splendide encore. Les Faírnyns, les enfants des Dieux. Parés de tous les dons, de toutes les grâces. Immortels. Quelques années de croissance sous les soins attentifs de leurs Créateurs, et les voilà prêts à procréer à leur tour et à engendrer leur propre peuple... Un peuple appelé à vivre une vie éternelle de doux délices et de parfaite insouciance.

Mais il n'y a rien de plus ennuyeux que la perfection, au fond. Rien de plus lassant que l'harmonie... Un soupçon de risque, qu'en pensez-vous ma chère ? Voilà qui rendrait le jeu bien plus excitant... Et si nous faisions celui-ci juste un peu plus violent, plus brutal, plus animal en un mot ?... A votre guise très cher, voilà une excellente idée, nous verrons bien si l'harmonie subsiste entre celui-ci et celle-là, voyez... Charmante petite, comme elle sourit en regardant l'éclosion de cette fleur, n'est-ce pas ravissant, tant de douce naïveté, tant de tendre émerveillement ?... J'en aurais presque les larmes aux yeux, c'est si émouvant... Ah quelle radieuse idée nous avons eu là de créer ces jouets, ils vont nous amuser pendant des siècles au moins ! Oh mais que diriez-vous de les doter plus encore ? Si nous leur permettions bien plus que ces balourds d'humains ? Si nous leurs donnions quelques uns de nos pouvoirs ? Oooooh mais oui, c'est très excitant ! Tenez, celle-ci pourra émettre la lumière et la moduler à son goût. Et celui-là ? Le feu ! Il faut lui donner le feu, qu'on voie ce qu'il brûlera en premier ! Et cet autre ? Attendez, attendez, laissez-moi choisir... Qu'il puisse inséminer l'esprit des autres avec des pensées qu'ils n'ont pas ! Oh c'est amusant comme idée ! Et celle-là se jouera des émotions ! Bravo, bravo, quelle créativité mon cher ! Et comment ces pouvoirs se transmettront-ils à leurs rejetons ? Alors ça mon ami, je n'en ai pas la moindre idée ! De l'imprévu ? Oh quels merveilleux, quels passionnants jouets !

Ainsi ils passèrent les premiers siècles à apporter à leurs enfants un don après l'autre, titillant l'équilibre, cherchant l'excitation et le soulagement dans la mise en danger de l'harmonie et sa préservation in extremis...
Des enfants gâtés jouant aux allumettes dans un grenier à foin...

Alors que sur Terre, l'Humanité s'étendait lentement mais sûrement, diversifiait ses compétences apprises au prix de la courte vie de chacun de ses membres, progressait pas à pas, têtue, combattive, acharnée à gagner sa place face aux éléments, aux maladies et aux prédateurs, les Faírnyns croissaient en nombre à l'abri d'Ewigheim, cage dorée dont ils ignoraient les barreaux, n'ayant jamais rien connu d'autre... Protégés de tout, nourris d'abondance et de rires, ils devenaient plus beaux à chaque génération, plus puissants à mesure que leurs pouvoirs se mêlaient, se fixaient, que d'autres apparaissaient issus de subtils mélanges ou d'une idée subite d'un de leur Créateurs...

Mais tout a une fin, et surtout l'intérêt des Dieux.
Même de leurs chef-d'œuvres si parfaits, ils finirent par se lasser...
Et de leur fatuité mêlée à leur inconséquence, naquit la catastrophe.


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MessageSujet: Re: Le contexte - La totale   Mar 22 Déc - 23:58



Parmi les Faírnyns étaient nés quelques enfants remarquables. La combinaison des pouvoirs leur avait conféré une puissance impressionnante, qu'ils ignoraient eux-mêmes. L'un d'eux se nommait Kain, et il avait notamment reçu en héritage le feu créateur et destructeur, un don qui avait trouvé en lui une plénitude inégalée, mais encore en sommeil... Si Kain ressentait parfois un brin de cette sauvagerie que les Dieux avaient semé en leurs enfants, il disposait pour l'heure d'un exutoire qui le satisfaisait pleinement : l'affection qu'il portait à Quistis, plus qu'une soeur pour lui depuis leur tendre enfance, et jumelle également par le pouvoir que recelait son âme. Ils avaient grandi enlacés comme deux jeunes arbres poussés côte à côte, mûri doucement aux brises d'Ewigheim, et trouvé l'un en l'autre l'exaltation du coeur et l'exultation de la chair, aussi naturellement qu'ils avaient trouvé le souffle au jour de leur naissance.

Ils auraient pu couler des jours innombrables dans l'émerveillement toujours renouvelé qu'ils trouvaient l'un en l'autre, si les Dieux n'avaient pas choisi ce temps pour bousculer une fois encore la sérénité par trop ennuyeuse qui régnait sur Ewigheim... Il avait dix-sept ans, elle quinze, quand ils introduisirent parmi les Faírnyns des humains, enlevés sur Terre...

Les pauvres n'y comprenaient rien. L'instant d'avant l'homme et son fils aîné travaillaient à la réparation d'une charrue tandis que la femme et la fillette filaient ensemble une laine grossière, et que le tout-petit crapahutait à leurs pieds en babillant, et voilà qu'ils se retrouvaient dans ce décor, magnifique certes, mais effroyablement inconnu. Et que venaient vers eux ces gens si grands et beaux, aux yeux lumineux, aux voix chantantes, vêtus d'étoffes incroyablement fines et richement colorées, ou simplement de la nudité splendide de leur peau veloutée... Dans leur esprit enténébré jaillissaient les mots des prêtres, ils tremblaient en songeant divinités et châtiments, se rassuraient à peine à la chaleur de leurs sourires et à leur curiosité bienveillante... Serrés les uns contre les autres, les hommes tendus comme des animaux traqués, la femme au bord de la crise de folie pressant la petite en larmes contre son ventre... seul le bébé paraissait tout-à-fait à son aise. Il s'était éloigné de son pas vacillant en chantonnant de sa petite voix d'oiseau, et souriait de toutes ses minuscules dents.

Pendant que les Faírnyns se groupaient autour de la famille d'humains, Kain arpentait Ewigheim à la recherche de Quistis. Son impatience se muait peu à peu en agacement tandis que les minutes passaient et qu'il ne la voyait pas revenir à lui, alors qu'elle s'était éloignée "pour un instant". Quand il tomba sur l'attroupement, il était déjà plus qu'excédé. Mais la voir en plus, plantée là au milieu des autres, le regard fasciné fixé sur il ne savait quoi (à part que ce n'était pas lui), porta son agacement aux frontières de la colère. Le comble était encore à venir...

Alors que le petit avançait vers elle en gazouillant, bras tendus, il s'empêtra dans ses propres pieds et perdit l'équilibre. D'abord ahuri, il releva sur elle des yeux ronds plein d'une surprise tellement comique qu'elle ne put s'empêcher de rire. Et il éclata de rire à son tour. Elle avança d'un pas, releva l'enfant, lui fit faire demi-tour et le renvoya vers sa mère d'une petite tape sur le derrière. La mère se calma un peu en croisant son regard charmé. La petite cessa de pleurer. Les épaules de l'homme se détendirent et son souffle se fit moins rauque. Le jeune garçon lui sourit d'un sourire encore hésitant. Et elle répondit à ce sourire par le sien, chaleureux, éclatant. Le garçon rougit un peu. Il faut dire qu'elle était très belle, radieuse comme un soleil à cet instant. Alors il eut l'ébauche d'un geste vers elle et signa son arrêt de mort. Car à ce moment la furie s'empara de Kain.

Il fendit le groupe et surgit auprès des humains. Le jeune homme tourna la tête vers lui. Sentit-il son hostilité ? Dans ses yeux encore emplis d'incertitude et de confusion, la peur revint au premier plan. Et Kain aima cette peur. Il désira sa peur, désira sa souffrance, concept lointain pourtant qui n'appartenait qu'aux blessures accidentelles dans ce monde paisible. La puissance jaillit de lui, il en fut sans doute à peine conscient. Et soudain le garçon hurlait au milieu d'une gerbe de flammes d'or. Il ne voyait plus que l'humain et sa chair qui noircissait, il n'entendait que ce hurlement animal, ce chant d'agonie, et il ressentit une joie profonde et sauvage, pas si différente en fait de celle qui le poussait au creux de son amante, jusqu'à l'extase.

Autour de lui les autres hurlaient aussi, surprise, frayeur, indignation. Les autres humains étaient blancs de terreur, et les Faírnyns clamaient qui son indignation, qui son admiration. La suite ne se fit d'ailleurs pas attendre. Les adultes tombèrent en premier, frappés par tout un assortiment de pouvoirs divers, puis la gamine, et même le tout-petit... Et autour des cadavres, un cercle de Faírnyns ébahis par leur propre puissance se congratulaient ou se disputaient ou se lamentaient de ne pas avoir eu droit à leur victime à eux... Kain restait plongé en lui-même, à l'écoute de cette vague nouvelle qu'il avait senti monter en lui, il savourait chaque sensation, et pour les savourer encore se repassait les secondes magiques où son pouvoir s'était déchaîné... Il avait presque oublié le reste du monde. Presque oublié Quistis...

Que lut-elle dans ses yeux quand il les leva sur elle ? Dans ce sourire ravi qu'il avait sur les lèvres ? Qu'y avait-il de vrai dans ce qu'elle vit, quelle fut la part d'interprétation ? Il avait le regard vacant, les traits d'un dormeur qui n'est pas encore pleinement éveillé. Mais il n'y avait pas l'ombre d'un regret. Rien. Au milieu de la colère des uns et de l'excitation des autres, elle seule resta immobile, figée, pétrifiée.

L'un de ses admirateurs fervents bouscula Kain et il sortit de cette presque transe où il était perdu. Autour de lui ils étaient nombreux à l'acclamer et à lui offrir sourires de dévotion et regards brillants d'excitation. Et juste là, à deux pas, elle restait frappée de stupeur, et ses yeux à elle brillaient aussi, mouillés d'un désarroi sans nom. Elle le fixait, silencieuse, la souffrance peinte sur ses traits crispés par la volonté de ne pas y croire, de ne pas accepter, de ne pas devoir admettre...

Tout se joua entre eux en l'espace de cette seconde, alors que le tumulte autour d'eux atteignait son apex.
Il comprit brusquement qu'elle ne serait pas parmi ceux qui l'acclamaient. Il ne lui tendit pas la main, ne l'appela pas auprès de lui.
Elle ne le rejoignit pas. N'esquissa même pas un mouvement. Garda la même immobilité de statue, ou de cadavre. Choquée, assommée, en plein déni de ce qu'elle avait vu, déchirée entre l'inconcevable réalité et ses pauvres certitudes qui commençaient à se racornir comme ces choses noires qui vivaient encore l'instant d'avant...

La foule des Faírnyns finit par interrompre ce contact muet et impalpable. Ceux qui reniaient Kain et le repoussaient avec indignation et colère, des femmes pour la grande majorité, accablaient ceux qui s'étaient massés autour de lui pour défendre son geste. Elles reculèrent avec des grimaces de dégoût, et Rhyll entraîna sa soeur hagarde loin de cette abomination, de ce rebut qui venait de rompre la paix d'Ewigheim et n'en affichait aucun remord.

Ce jour fut celui de la Déchirure. Quelques rares Faírnyns restèrent indécis, et parmi eux le frère cadet de Kain, Midnight... Les autres se scindèrent et se séparèrent. A jamais.
Un peuple mourut, et deux autres naquirent.
Les Shayatíns suivirent Kain le renégat.
Les Alvänes élirent Rhyll la condamnatrice.
Et les Dieux perdirent le contrôle de leur plus parfaite création.


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MessageSujet: Re: Le contexte - La totale   Mar 22 Déc - 23:58



La rupture était consommée, les indécis finirent par se rallier à un clan ou à l'autre. Ewigheim avait beau être vaste, il l'était moins que le dégoût des Alvänes, moins que l'agressivité débordante et soudain révélée des Shayatíns. Ceux-ci se sentaient confinés, enfermés dans ce monde trop beau, trop doux. Quant aux Alvänes, elles ne pouvaient plus voir en Ewigheim qu'un monde souillé par le sang répandu...

Les humains arrivés sur Ewigheim devaient bien venir de quelque part. D'ailleurs. Chaque peuple se mit donc activement à la recherche de cet ailleurs, et c'est au cours de ces recherches qu'ils découvrirent qu'ils avaient la capacité de se téléporter de place en place en Ewigheim, mais également au-dehors... Et au-dehors existait une multitude de mondes.

Lors d'une mission de reconnaissance à la recherche de leur futur domaine, deux Alvänes arrivèrent sur la Terre des Humains. Elles reconnurent immédiatement en eux les semblables des malheureux qui avaient trouvé la mort en Ewigheim, et revinrent en hâte annoncer la nouvelle à Rhyll. Celle-ci décida de placer en permanence des surveillantes sur la Terre, pensant à juste titre que si elles y étaient parvenues, les Shayatíns pouvaient aisément y parvenir aussi... et qu'ils se livreraient alors au plus immonde des carnages.

Ce geste marqua le début de la vocation des Alvänes, qui s'érigèrent en protectrices des Humains face à leurs presque-semblables, leurs anciens frères, les Shayatíns...

Peu après avoir débouché sur Terre, les Alvänes découvrirent un monde vierge et luxuriant, entre forêt touffue et rivières transparentes, prairies doucement vallonées et falaises escarpées... Un monde qui débordait de vie, de lumière. Samhalya. Leur ville s'éleva bientôt sur les rives d'un lac immense, une ville blanche aux tours fuselées escaladant la pente d'une haute montagne, et perchèrent en son sommet la citadelle.

Pendant ce temps, les Shayatíns avaient eux aussi parcouru les mondes et découvert une terre morte, sable et rocs, ciel perpétuellement chargé de nuages lourds aux teintes fumeuses... Un domaine qu'on aurait dit créé pour flatter leur coeur aride, un monde dur et sans pitié, exactement comme eux... Ils l'appelèrent Nosgoth. Des pierres tirées du sol désert ils firent s'élever leurs demeures, austères et froides, tout en angles coupants et en pointes acérées. Un confort à la limite du monacal pour ceux qui méprisaient la tendresse et la douceur. La splendeur y était présente cependant, dans l'audace des flèches lancées dans le ciel fuligineux, dans l'équilibre colossal et écrasant des piliers et des voûtes. Un lieu pour inspirer la révérence, la crainte. C'est ainsi que Kain le voulait. Car c'est ainsi que son peuple le voyait, lui. Froid, ascétique, redoutable.


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MessageSujet: Re: Le contexte - La totale   Mar 22 Déc - 23:59



Les Shayatíns étaient très satisfaits de leur nouveau royaume (le terme "ravis" paraît tellement inadéquat, quand on parle d'un Shayatín...), mais il y manquait un détail, un détail fort agaçant : Aucune proie à poursuivre, aucune victime à massacrer. Sitôt que la construction de Nosgoth fut achevée et que leur formidable énergie ne fut plus canalisée dans l'édification de leur domaine, les Shayatíns se trouvèrent désoeuvrés, et quoi de plus dangereux qu'un Shayatín désoeuvré ?... Kain ordonna que les recherches reprennent. Par un hasard bienheureux, ils n'avaient pas encore trouvé la Terre des Hommes, et ceux-ci ignoraient le répit inespéré qui leur avait été accordé... Car ce qui devait finir par arriver se produisit : Ils trouvèrent ce qu'ils cherchaient si ardemment.

Les trois Shayatíns qui découvrirent la Terre crurent d'abord à un autre monde désertique. Ils étaient arrivés dans les montagnes qu'on nomme aujourd'hui les Monts Zagros... Hautes et arides, inhospitalières. Mais Kain avait ordonné qu'on explore, et on explora donc, en maugréant... Et à quelques sauts de téléportation, on parvint dans les vallées où se développait doucement la civilisation des humains... Quelques labours... quelques troupeaux... les ébauches des premières villes... Le terrain de jeux des Shayatíns s'étendait à leurs pieds.

Ils durent se faire violence pour revenir à Nosgoth sans tarder, mais une fois de plus, Kain avait ordonné, et il était hors de question de lui désobéir... Quand la nouvelle parvint au Palais, les Shayatíns étaient assemblés, et fixaient leur jeune roi en frémissant d'excitation... Le signal fut donné.

Ils hurlèrent à la curée et se ruèrent sur la Terre... Cette nuit-là fut une épouvante pour tout le monde des vivants. Avides de massacres, les immortels frappaient encore et encore, tuaient à l'aveugle, répandaient leur pouvoir trop longtemps contenu, assouvissaient leur besoin de mort et de sang... On appela cette nuit la Marée de Sang, et l'aube fut rouge, comme de juste... Rouge et saluée par les cris des victimes et les rires déments des bourreaux.

Le peuple des Alvänes était consterné, mais il était prêt. Le moment était venu de se battre, et non pas pour leurs vies à eux... Et dans l'aube ensanglantée mourut le premier Faírnyn... Rares étaient les mâles à avoir suivi Rhyll, à croire que le sang masculin portait la violence avec lui, comme il portait certains pouvoirs dont les femmes se voyaient rarement dotées... Ce fut l'un d'eux qui tomba, pour offrir à quelques humains le temps de s'enfuir et de trouver une cachette, qu'ils ne trouvèrent jamais à temps...
Une mort absurde et inutile.
Une première mort...

Les Dieux étaient ravis. enfin du mouvement, de la distraction, du spectacle ! Comme ils se déchirent bien, voyez ! Comme ils meurent élégamment ! Le rouge est décidément la couleur la plus vibrante du monde... Et qu'ils sont beaux dans le combat, nos enfants, voyez ma douce ! Si puissants, si destructeurs, mêmes ces charmantes damoiselles, comme le cri de rage leur sied... Merveilleuses... Quoi ? Déjà fini ? Oooooh mon ami, voyez, ils ont déjà massacré toute cette petite troupe d'humains ! Pffffff, non, vraiment, c'était trop bref... Bah, calmez-vous, des humains, il y en a d'autres ! Oui, mais à ce rythme, en quelques siècles à peine, ils les auront décimés ! ... Mmmmh... vous dites vrai. Ils sont décidément trop faibles, ces humains... Ou nos enfants trop puissants ? Ah non, ils sont parfaits, nos enfants, ce sont ces lavettes qui... Il faut faire quelque chose.

Et de ce jour, les naissances se firent rares chez les Alvänes et chez les Shayatíns. Affaiblie la semence des mâles, arides les ventres féminins... Chez les Alvänes la situation devenait critique, vu le peu d'Alvänes mâles, et ils avaient péri nombreux dans les premiers combats. Heureusement, durant la longue surveillance de la Terre des Humains, elles avaient découvert qu'elles étaient fécondes au corps des hommes... Les quelques petits qui leur étaient venus de nuits passées dans les bras des Mortels étaient bien vigoureux, même si leur résistance et leurs pouvoirs étaient moindres que ceux des enfants nés de deux Faírnyns. Sans quoi, vu le faible nombre de géniteurs qui restait en son sein, le peuple Alväne se serait éteint au bout de quelques siècles... Après la chute brutale de natalité, Shayatíns et Alvänes cherchèrent leurs descendants à travers les Humains, et si leur fécondité restait médiocre, elle avait le mérite d'exister. Car depuis lors plus un enfant n'est né d'un sang purement immortel. Plus un seul...


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MessageSujet: Re: Le contexte - La totale   Mar 22 Déc - 23:59



A présent ils devraient être moins rapides à tout ravager, mon cher. Excellente idée ! Mmmoui, mais ce n'est quand même pas drôle... Il n'y a aucun suspense ! Voyez, un de nos chers petits rencontre sept humains, les sept humains tombent comme une poignée de mouches, fin de l'histoire... Il faudrait trouver quelque chose pour... Aaah mais oui... Oui ! Permettez ? Cette pierre chatoyante que vous portez... N'ayez crainte ma chère, je vous en trouverai une plus belle encore... La voilà réduite en poussières et ... Et voilà. Semée. Voyons s'ils en découvrent les pouvoirs à présent.

Ce que les Dieux répandirent sur Terre se nicha dans les sables des déserts, au coeur des montagnes escarpées, dans les limons riches charriés par les fleuves. Un jour, un paysan d'Egypte trouva sous le soc de sa charrue un étrange galet oblong, aux teintes irisées... Il le saisit, et le galet aussitôt sembla se teinter d'orange vif. Le paysan, muet devant ce miracle, ignorait qu'il venait de mettre la main sur un éclat de ce qu'ils nommèrent par la suite sihirite, la gemme offerte par les Dieux... Il n'en connut jamais le pouvoir.

Bien des années plus tard, le fils d'un prêtre fit le même genre de découverte. Mais à la différence de son prédécesseur, il rechercha ce que cette pierre pouvait bien avoir comme pouvoir magique, elle qui s'était ainsi transformée dans sa main en joyau d'un rouge profond... Elle ne lui apporta pas la fortune ni l'amour de la fille qu'il convoitait. Elle ne guérit pas son père de la maladie. Mais elle lui sauva la vie, et il fut assez intelligent et ouvert pour le comprendre. Un soir, la pierre qu'il portait en pendentif se mit à rayonner d'une lueur flamboyante. Et il vit apparaître devant lui un homme grand, étrangement vêtu, porteur d'une arme comme il n'en avait jamais vue. L'homme ricana et projeta vers lui une bouffée de flammes... Le fils du prêtre se crut mort. Mais ses vêtements seuls moururent dans les flammes. Il n'avait pas même une brûlure. Et comme l'homme en face de lui restait éberlué, ébahi, il eut la présence d'esprit de fuir et de se perdre dans le dédale de la ville de briques, et survécut.

Il s'appelait Hatep, et il fut le fondateur de l'ordre de Ceux qui Observent.
De nos jours ils se nomment Watchers.
Et ils sont des milliers.


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MessageSujet: Re: Le contexte - La totale   Mar 22 Déc - 23:59



La sihirite si précieuse aux mortels ne tomba pas que sur Terre. Elle se répandit également sur les mondes voisins, sur Nosgoth et sur Samhalya, et elle s'y fondit pareillement. L'effet en fut assez inattendu... Aucune Alväne ne parvint jamais à Nosgoth de sa libre volonté, aucun Shayatín ne réussit jamais à pénétrer en Samhalya. Les Domaines des uns étaient fermés aux autres.

Mais la sihirite eut sur les Faírnyns un autre impact, plus considérable encore. Lors de leurs premières descentes sur le monde des Humains, ils avaient constaté, souvent à leurs dépends d'ailleurs, que leurs pouvoirs n'étaient pas inépuisables. Alvänes comme Shayatíns perdirent la vie pour s'être trouvés en plein combat dans l'impossibilité totale de faire appel à leur pouvoir... D'autres durent être ramenés dans leur domaine par leurs compagnons, incapables même de se téléporter... Sur Terre, leur puissance dépendait d'une réserve finie. Mais ils leur était impossible d'en connaître l'étendue...

Ce fut encore par hasard qu'ils découvrirent le pouvoir de la sihirite. Un Shayatín avait aimé l'éclat grenat qu'avait pris cette petite pierre quand il l'avait saisie sur Nosgoth, et se l'était fait monter en bague. Quand il se rendit sur Terre pour faire un peu d'exercice, la pierre se mit à chauffer à son doigt, signalant l'approche de l'ennemie Alväne... Et au cours du combat qui suivit, le Shayatín vit la pierre passer progressivement du rouge clair au rouge sang. Il finit par vaincre l'Alväne, la pierre était presque noire... Il retourna à Nosgoth et fit part de sa découverte au roi.

Les Alvänes auraient pu continuer longtemps à ignorer la sihirite, mais quelques années plus tard, un Shayatín particulièrement vaniteux se vanta de pouvoir les voir venir de loin, et de savoir exactement quand il devrait rompre le combat. Ses fréquents regards vers sa main gauche attirèrent l'attention de ses adversaires. Elles le mirent à mort, et s'emparèrent de la bague. Entre leurs mains la pierre pâlit et repris sa couleur initiale, claire et irisée... Perplexes, elles la ramenèrent à Samhalya. Il leur fallut de longues années de recherche pour découvrir le même inestimable avantage sur leur propre sol... A Samhalya la végétation noie la roche, et la sihirite était bien cachée... Mais elles finirent par la découvrir, et par remarquer que sur leur main à elle, la gemme fabuleuse prenait un magnifique éclat bleu...

Ainsi les Dieux donnèrent la sihirite aux hommes. Chaque pierre trouvée se donne à son porteur et s'ajuste à lui et seulement lui, et lui donne une immunité bien spécifique... Ainsi aussi les Dieux donnèrent aux Alvänes et aux Shayatíns le moyen de mesurer leur pouvoir et de garantir leur sécurité. Effet secondaire imprévisible pour eux... Mais l'imprévisible est tellement fascinant, n'est-ce pas ?...


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MessageSujet: Re: Le contexte - La totale   Mer 23 Déc - 0:00



Les Watchers, ou quel que soit le nom qu'ils se donnaient dans différentes langues, se faisaient secrètement plus nombreux sur la Terre. Hatep l'Egyptien rassembla autour de lui de nombreux adeptes, ils trouvèrent leur pierre à eux, sorte de quête initiatique dont le concept se maintint longtemps... Mais les Shayatíns finirent par changer de terrain de chasse, par placer plus au Nord leur point de chute sur Terre, et les Alvänes les suivirent bien évidemment, attachées qu'elles étaient à remplir la mission qu'elles s'étaient donnée...

Elles, oui... Tous les anciens avaient péri, il ne restait plus du groupe originel que des femmes. Et de plus en plus, elles constataient que leurs enfants mâles devenaient rapidement violents et sans pitié, Shayatíns en un mot... La reine Rhyll avait fini par prendre la décision nécessaire, mais si difficile : elles n'élèveraient plus que des filles. Les bébés mâles seraient laissés à leur père humain... Au bout de quelques mois, l'enfant perdait peu à peu la fantastique faculté de régénération des Immortels... et à la fin de sa croissance, il était devenu l'un d'eux. au contraire des Faírnyns, son corps ne se stabilisait pas à l'apparence adulte. Il continuait à vieillir. Et il mourait tel un simple Mortel... Plusieurs Alvänes firent ce choix également. Vivre parmi les humains. Devenir vulnérables. Commencer à vieillir. Et mourir avec eux... Tel était, et est toujours, le destin des Faírnyns quand ils restent trop longtemps loin de leur Domaine...

Les disciples d'Hatep avaient donc fini par croire que la menace s'était enfuie, quand un voyageur venu de Crête, cette île loin au Nord, leur raconta les catastrophes qui frappaient son peuple. Ils comprirent que leurs ennemis avaient déménagé... Et ils envoyèrent en Crête certains de leurs combattants les plus prometteurs. A dater de cette époque les Watchers se répandirent, conscients de la mobilité de la menace, et de l'imprévisibilité de ses choix. Ils se firent plus nombreux, mieux armés, mieux organisés. Ceux qui Observent étaient prêts à devenir Ceux qui Combattent.

Leur première victoire vint il y a plus de 4000 ans. Deux Shayatíns, deux Alvänes et le fracas d'un combat, lame contre lame, pouvoir contre pouvoir. Ils furent plus de vingt à se ruer à l'assaut. Un Shayatín tomba, la tête tranchée. L'autre s'enfuit, comme les deux Alvänes, dont l'une était grièvement blessée. Les souverains reçurent le même récit. Des Humains au regard terrible, qui savaient ce qu'ils faisaient, qui savaient où frapper. Et des bijoux flamboyant sur leur poitrine, un arc-en-ciel meurtrier.

Rhyll trouva sur Terre un Shayatín tombé de la dernière pluie, ou presque. Un demi-siècle à peine. Elle ne le tua pas, elle n'était pas venue pour ça. Au jeune Immortel terrorisé, elle délivra son message. "Va dire à ton Roi que je désire le rencontrer. Les Humains sont devenus dangereux et nous devons parler." Le message fut porté, la réponse vint par un canal similaire, et une jeune Alväne à la voix encore tremblante transmit à Rhyll la réponse de Kain, son accord, et une proposition de date et de lieu.

Ils se rencontrèrent dans les montagnes du Nord de la Grèce, près de ce mont où ceux-là fixeraient le séjour de leurs Dieux, étrangement proches de la vérité quand ils décrivaient leur comportement d'enfants gâtés, étrangement loin de la véritable localisation de leur lieu de résidence... Sur les pentes du Mont Olympe, Rhyll attendit Kain. Elle avait à ses côtés sa jeune soeur Quistis, devenue au fil des ans une guerrière redoutable, la lame fine et précise, le sang-froid à toute épreuve. Peut-être sa soeur et souveraine voulait-elle la tester, et voir si face à celui qu'elle avait aimé et dont elle avait longtemps souffert de la perte, elle conservait son calme et sa clarté d'esprit. A son autre bras venait Yelena, la meilleure combattante parmi les Alvänes, quoique nettement plus jeune que certaines. Et face à elles, Kain, flanqué d'une jeune Shayatín belle comme un ange mais aux yeux glacés, qu'il leur présenta sous le nom de Glanaelh, et d'un autre guerrier dont le nom s'est perdu dans le temps.

Kain avait donné des ordres stricts, aucun combat, les deux armées présentes à distance du lieu de rencontre n'étaient là que pour la parade, hors de question que le moindre coup soit porté. Mais l'un d'eux avait au coeur le désir d'être révéré comme le héros des Shayatíns. Celui-là passa outre les ordres de son roi et se téléporta. Les souverains ne portaient pas d'arme en signe de bonne foi. Quand Rhyll sentit soudain sa bague la brûler brièvement, signe qu'un ennemi approchait dangereusement, un ennemi qu'elle ne pouvait voir encore, elle fit volte-face, levant par réflexe les mains devant sa gorge. A ses côtés Yelena et Quistis avaient également réagi, mais avec une demi-seconde de retard. Elles avaient confiance en la parole donnée de Kain. Le Shayatín apparut tout près de Rhyll et frappa immédiatement. Yelena était mal placée, ce fut Quistis qui le tua de son geste précis, net, propre. Et trop tardif. Le traître tomba presque en même temps que sa victime, leurs sangs mêlés mouillèrent le sol desséché...

Tandis que sa compagne plongeait sur le corps de la reine et tentait de soigner sa blessure, Yelena la couvrait de ses lames, mais il était trop tard, et à cette heure Quistis n'était pas assez puissante encore pour ramener une morte à la vie... Le regard qu'elle vrilla dans les yeux de Kain fut terrible, empli enfin de dégoût, de rejet, de fureur, tel qu'il n'avait pas été lors de la Déchirure. Des siècles plus tard, elle se rendait à l'évidence, le corps de sa soeur inerte dans les bras. Désormais plus de confiance, plus d'estime, plus de respect.

Les armées se ruèrent l'une contre l'autre, hurlant de rage et de frénésie, sitôt qu'elles virent le sang jaillir des deux gorges ouvertes. La bataille fut totale, le carnage absolu. La Guerre venait d'éclater. Il y a plus de quatre mille ans qu'elle dure.


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MessageSujet: Re: Le contexte - La totale   Mer 23 Déc - 0:02



Les peuples étaient nombreux, ils sont presque décimés. Ils étaient puissants, ils le sont toujours, mais tous les anciens sont morts. Du temps d'avant la guerre, il ne reste plus parmi les Shayatíns que le roi Kain et son frère Midnight le captif, celui dont la ferveur laisse à désirer et qui n'aime pas le combat, la belle Glanaelh aux yeux froids. Tysdal le discret aussi, un Shayatín atypique, mesuré, presque pacifique.

Quistis a reçu comme triste héritage la charge de souveraine que portait sa soeur, parce qu'elle est de loin la plus puissante de toutes, la plus sage aussi, si l'on en croit la sûreté de son jugement et de ses décisions, et malgré le lien ancien qui la liait au Roi ennemi. Yelena reste à ses côtés la seule à avoir vécu le temps d'avant la guerre.

Mais de la concorde d'Ewighem, personne ne sait plus rien que ceux qui l'ont connue.
Oh, il y avait bien les récits qui se transmettaient de parent à enfant, les presque légendes qui disaient que jadis les fougueux Shayatíns avaient pour compagnes les radieuses Alvänes et que tous vivaient en harmonie, et que les deux souverains ennemis étaient alors deux jeunes amants qu'on disait inséparables... Mais ces récits se sont perdus. Ont été effacés.

Elle faillit perdre la vie cette jeune romantique qui essaya de persuader un Shayatín que si harmonie il y avait eu, harmonie il pouvait y avoir à nouveau entre eux, et que la guerre n'était pas une fatalité. Il fit semblant de la croire, d'être troublé, et son coup la prit à l'improviste, elle n'en réchappa que par une chance inouïe. Quistis entendit son récit. Il lui fallut une nuit entière pour prendre sa décision. Il lui fallut une nuit entière pour prendre sa décision, et toute la sagesse et le bon sens de Yelena pour apaiser ses scrupules. C'était la seule solution, le seul moyen sûr.

Au lendemain, elle convia toutes les Alvänes à se rassembler dans la Salle Haute et leur parla. Et tandis qu'elle leur parlait, elle effaçait soigneusement de leur mémoire les récits anciens qui parlaient d'amitié et d'amour. Que plus jamais une Alväne n'ait la mauvaise idée d'essayer d'attendrir l'un de ces monstres au coeur rocailleux... Ce savoir resterait à elle seule, et à l'amie sincère qui se tenait silencieuse derrière elle, soutien muet mais tellement précieux.

Etrange comme la coïncidence amena Kain à la même décision. Le Shayatín qui avait manqué de près la jeune Alväne au coeur trop tendre revint à Nosgoth et raconta son histoire à grands rires. Certains Shayatíns eurent cependant une grimace de dégoût à l'idée que leur souverain avait pu prendre pour amante cette reine ennemie, et l'extrême jeunesse n'était pas une excuse. Kain perçut ce grondement vague parmi ses rangs, cette menace contre sa crédibilité de roi. Il amputa de même la mémoire de ses Shayatíns, ne laissa intacte que celle de Glanaelh, en qui il savait pouvoir avoir une confiance aveugle, et celle de Tysdal, qui savait depuis longtemps et n'avait jamais semblé porter le moindre jugement.

Jumeaux malgré eux, encore. Derniers à posséder ce pouvoir, ils l'exercèrent ensemble, sans même s'être concertés. Du passé des Faírnyns ils sont seuls dépositaires. Du chemin perdu d'Ewigheim, ils sont les derniers gardiens. Pour leurs sujets, il ne reste plus que la guerre et une haine millénaire, sans début, sans fin... Il ne reste que Midnight le réprouvé, confiné dans sa prison, pour se souvenir encore, et regretter. Il ne reste que Yelena la droite, Glanaelh la fidèle et Tysdal le sage.

Il y a longtemps que les Shayatíns ne courent plus le monde à la chasse aux humains. Aujourd'hui s'ils se déplacent, c'est pour rechercher les Watchers, ces maudits porteurs d'amulettes qui leur sont un aiguillon au flanc. De place en place ils les recherchent, les débusquent, et tentent de les éradiquer. Ils sont arrivés il y a quelques mois, ici, à San Francisco. Qui sait jusqu'à quand ils resteront ? Les Watchers d'ici sont sur le pied de guerre depuis leur arrivée, leur jeune chef, Derek Miller, les a bien entraînés, mais cela suffira-t-il ? Aujourd'hui qu'ils ont compris que les Alvänes ne sont pas leurs ennemies, mais pourraient être leurs alliées, sauront-ils pour autant franchir entre mortels et immortelles le gouffre de défiance et d'incompréhension qui ne peut manquer de les séparer ?
Ou les Shayatíns l'emporteront-ils ?...
Qui sait ?...
Le monde d'aujourd'hui change, bascule.
Les Dieux sont muets depuis longtemps, trop longtemps...
Et si l'ennui venant...



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Le contexte - La totale

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